vendredi 10 juin 2016

Giovanni-Batista Cima de Conegliano : Vierge à l'Enfant

oici l’un des sujets les plus classiques de la peinture religieuse occidentale, une Madone à l’Enfant, image de dévotion destinée à une église ou à une chapelle privée.

Un sujet conventionnel certes mais traité de manière innovante pour la Venise des années 1500. Les Madones vénitiennes étaient traditionnellement peintes sur un fond d’or, pour les sacraliser, à la manière des icônes. Les peintres vénitiens de la fin du XVe siècle, inspirés par  les modèles toscans, osent les représenter dans  des décors naturels.



dimanche 5 juin 2016

L'Ange au sourire de Reims

’Ange au Sourire de la cathédrale de Reims est sans doute l’une des œuvres les plus célèbres de la statuaire médiévale… Les anges sont très nombreux autour de la cathédrale de Reims. Pourquoi, l’un d’entre eux, a-t-il aujourd’hui volé la vedette à ses confrères ?
(Extrait de la préface de Patrick Demouy du livre « L’ange au Sourire » de Yann Harlaut).

En effet la statuaire de la cathédrale de Reims (2 303 sculptures) comprend de nombreux anges très souvent souriants. Alors pourquoi l’ange du portail nord de la façade principale est-il appelé « Ange au Sourire » ?


Lors de la Grand Guerre, la ville de Reims a été pilonnée pendant quatre ans par les tirs d’artillerie de l’armée allemande. Le 19 septembre 1914, suite à un bombardement, l’échafaudage situé sur le portail nord s’enflamme et le feu se communique à la charpente de l’édifice. Une poutre de l’échafaudage en feu s’effondre et décapite l’ange. Sa tête tombe sur le sol quatre mètres plus bas et se brise en une vingtaine de morceaux, soigneusement ramassés et mis en sécurité dans les caves de l'archevêché. L'architecte Max de Sainsaulieu les découvre le 30 novembre 1915.

mardi 31 mai 2016

La Vierge dorée d'Amiens, une Vierge "hanchée"

n retrouve au trumeau du portail de la Vierge Dorée (ou portail Saint-Honoré) de la cathédrale d'Amiens une statue tout à fait particulière dite de la Vierge Dorée. C'est un magnifique chef-d'œuvre datant du XIIIe siècle, plus précisément de 1288, elle est haute de 2,30 m.

Menacée par les ravages du temps, la statue originale a été transférée à l'intérieur de la cathédrale en 1980 et remplacée par un moulage. L'oeuvre représente une Vierge couronnée et portant l'enfant Jésus, son regard se pose vers lui avec douceur et bienveillance. La tête de la Vierge est surmontée d'un dais. Trois angelots souriants portent son nimbe. Elle est légèrement hanchée, le poids du corps portant sur une seule jambe qui initie la façon des Vierges dites "hanchées". 



La Vierge du pilier à Notre-Dame, la Vierge d'Evreux au Louvres (1329) ont cette modulation charmante. Puisque Prophètes, Apôtres, l'Adam nu de Saint Denis du musée de Cluny fléchissent aussi leur taille souple, il faut renoncer à invoquer le simple mouvement instinctif d'équilibre, qui fait pencher la Vierge du côté opposé au poids de l'Enfant. C'est, avec un mode aristocratique, une formule d'atelier : elle détend familièrement la silhouette, fait onduler la forme, et de la hanche fait retomber les plis en éventail. Il y a là une alternance de mouvements, un "contraposto", une recherche de flexions latérales, qui sera plus tard la loi de l'art moderne.

A cette grâce s'ajoute celle du sourire. Il erre, un peu banal parfois, sur les lèvres de cette Vierge Mère, qui devient une maman avec son bébé. Quant à l'enfant Jésus, bébé assez joufflu, il semble jouer avec le monde comme avec le ballon qu'il a entre les mains.

jeudi 26 mai 2016

Fra Filippo Lippi : L'Annonciation

'annonciation est l'un des deux pendants qui se trouvaient à l'origine à Florence; l'autre, qui est accroché à la National Gallery, décrit 7 saints d'une importance particulière pour la famille. La forme et le sujet des deux panneaux qu'ils faisaient partie de la décoration de deux chambres séparées mais reliées, et qu'ils étaient soit des têtes de lit or des panneaux situés au dessus d'un lit ou d'une porte. Alors que Les Sept Saints illustre une thème dynastique à travers le membres masculins de la famille, l'Annonciation aurait été mieux adaptée à une chambre de femme. 



samedi 21 mai 2016

La statue du Beau Dieu de la cathédrale d'Amiens

ette statue représente le Christ. Il a le pied posé sur un dragon et un lion, montrant ainsi qu'en ce lieu les courants telluriques sont maîtrisés. Il est debout, vêtu d'une longue robe, de face et la tête haute. Il bénit de la main droite et tient un livre fermé de la gauche. Plus bas, l'aspic et le basilic soutiennent le socle de la statue. 

Abrité par un dais de pierre, le Seigneur est la porte pour entrer dans l’Église. Nous ne pouvons le connaître sans l’intermédiaire qu’est l’Église qui nous livre son enseignement et nous offre de le rencontrer dans ses sacrements.






A l’intérieur de l’Église se rassemble à l’appel du Christ un peuple d’hommes et de femmes qui reconnaissent être aimés de Dieu bien plus qu’ils ne l’aiment en retour. Un peuple d’hommes et de femmes qui veulent former des communautés vivant de son amour et de l’amour de leurs frères.


lundi 16 mai 2016

Colyn de Coter : L'archange saint MIchel du Jugement Dernier



olin de Coter est né vers 1455 ; il commence sa carrière d’artiste vers 1480 et meurt en 1540. Bien qu’il apparaisse un moment à Anvers dans les années 1450, il passe la plus grande partie de sa vie à Bruxelles, sa ville natale. Il mentionne cette ville quand il lui arrive de signer ses œuvres « Colyn de Coter pingit me in B… Bruccelle ». Dans les peintures du XVe siècle, les signatures – très rares – n’étaient pas tracées de l’écriture personnelle de l’artiste. Leur belle calligraphie constituait un élément décoratif de la composition. Elles étaient apposées sur le cadre ou sur le champ du tableau ou encore dans la bordure d’un vêtement. C’est le cas dans La Vierge couronnée par les anges de Colyn. 



On a l’impression que ce n’est pas l’artiste qui signe mais bien l’œuvre qui proclame sa paternité : « Colyn de Coter pingit me in B… Bruccelle ».  (Colyn de Coter m’a peint à Bruxelles en Brabant). Bruxelles est explicitement mentionné : l’artiste était fier de sa ville où il occupait probablement une position en vue. Il y dirigeait un atelier important qui comptait de nombreux collaborateurs et participait à des entreprises d’envergure, comme la réalisation de volets peints pour de grands retables sculptés, ou de cartons pour des tapisseries. Il faudra attendre Bernard van Orley et les peintres de la génération suivante pour que les signatures apparaissent un peu plus fréquemment dans les tableaux.

mercredi 11 mai 2016

Annonciation de Pâris Bondone : De la perspective à l'infini géométrique






ette annonciation, conservée au Musée des Beaux-Arts de Caen, est due au peintre maniériste Pâris Bordone (1500-1571).Une analyse géométrique de ce tableau montre qu’il illustre le procédé singulier des «vues de l’en deçà» données par cet artiste: il ne peint pas ce qu’il voit dans le cadre fictif dont il entoure la scène représentée et dont on peut supposer que la base sert de ligne de terre,mais aussi ce qu’il voit «en deçà» du cadre, devant le cadre, de son propre côté. Ainsi, tandis que l’ange fait l’annonce à Marie, les trajectoires visuelles des deux protagonistes ne peuvent se croiser.L’ange est au-delà de la fenêtre, tandis que la Vierge est située dans l’en deçà, du côté du peintre, sur un plan plus élevé que celui de l’observateur.

L'exubérance architecturale est ici à son comble...

Devant une colonnade qui a l'air de se multiplier à l'infini, posée sur une terrasse de carreaux rouges et blancs, une Vierge à l'air éploré, plus ou moins agenouillée sur un piédestal en mosaïque posé en avant-plan, semble regarder dans le vide d'un air navré pendant qu'un ange assez lointain pointe l'index dans une autre direction, accompagné d'une colombe minuscule.

Le lit est suggéré par un empilement d'oreillers et on distingue à peine un livre ouvert sur un tabouret.

Tout cela pourrait se passer sur la scène d'un théâtre à grand spectacle...

vendredi 6 mai 2016

Le triptyque des Miracles du Christ

e triptyque de Melbourne est un exemple de collaboration entre trois artistes bruxellois, le Maître de la Légende de sainte Catherine, le Maître des Portraits princiers et Aert van den Bossche.

Différents éléments indiquent cependant que les panneaux n’ont jamais été mis côte à côte durant leur réalisation : la ligne d’horizon diffère dans chacune des parties, l’échelle des personnages ne correspond pas, et la perspective pas davantage. Chaque artiste a probablement travaillé isolément à son panneau dans son atelier. Bien entendu, il y avait eu quelques réunions préalables pour définir les lignes directrices. Peut-être y avait-il urgence à réaliser ce travail ou cette “variation à trois mains” pourrait résulter d’une demande spécifique du commanditaire.

Celui-ci apparaît au milieu, à l’avant dans Les Noces de Cana. Adolphe de Clèves, Seigneur de Ravenstein, était lié à Philippe le Bon, ce que proclame avec éclat la série de portraits des ducs de Bourgogne qu’il fait inclure dans la composition.

dimanche 1 mai 2016

Le retable de la Passion du Maître d'Ambierle

es trois plus beaux retables du département de la Loire sont à chercher au nord, dans le Roannais. Le premier se trouve à Charlieu, dans la chapelle de l'ancien Hôpital. Il s'agit d'un retable en bois sculpté et doré du XVIIIe. Les deux autres sont plus anciens et portent des décors peints. Un d'entre eux, retable siennois de 1310, se trouve dans la chapelle du XVe des seigneurs de Vougy, dans l'église de Vougy. Le second, de loin le plus célèbre, se trouve dans l'église Saint-Martin de l'ancien prieuré d'Ambierle. Il porte le nom de retable de la Passion. 




 
De style gothique flamboyant, l'église prieurale est l'oeuvre d'Antoine de Balzac d'Entragues. Elle est classée. Antoine de Balzac d'Entragues fut aussi évêque de Die et de Valence. 

Son retable se présente sous la forme d'un triptyque, si l'on ne prend en compte que sa partie centrale, ou d'un polyptique lorsque les six volets peints sont déployés. Nous laissons le soin aux spécialistes de discuter l'appellation la mieux appropriée. Il a été réalisé dans la deuxième moitié du XVe siècle. Il fut parfois considéré comme étant l'oeuvre du peintre flamand Rogier Van der Weiden. D'autres ont même évoqué à son propos Jan Van Eyck, un des deux auteurs du plus célèbre des polyptiques, celui de l'Agneau Mystique à Gand. En 1938, Jacques Dupont, inspecteur général des Monuments historiques, proposa le nom de Maître d'Ambierle pour désigner l'auteur inconnu de ce trésor.

Ce qui est certain, c'est qu' on doit à Michel de Chaugy dit "Michaud le Brave" sa présence à Ambierle. Officier à la cour de Bourgogne, comme son père Jean de Chaugy, c'est par testament qu'il le légua à l'église. 

mardi 26 avril 2016

Veit Stoss : Retable de l’église Sainte-Marie de Cracovie

itué dans l’abside de l’église Notre-Dame de Cracovie, le retable de Veit Stoss est le plus grand des retables de l’époque gothique. Sa largeur totale est de onze mètres une fois déployé et sa hauteur atteint treize mètres. Veit Stoss travailla à cette œuvre entre 1477 et 1489, alors que la sculpture sur bois connaissait un essor considérable. 

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Les grands retables – œuvres collectives de sculpteurs, peintres, menuisiers – témoignent de la richesse, de la puissance et de la piété de riches commanditaires, grands bourgeois ou membres du clergé. Cette œuvre a été commandée par la communauté des habitants de Cracovie et fut financée par de multiples offrandes provenant de toute la population de la ville. 

jeudi 21 avril 2016

Vitraux Cathédrale Saint-Front de Périgueux

Commentaires du père Jean-Marc Nicolas sur les vitraux de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux

samedi 16 avril 2016

Une théophanie équestre : le Christ à cheval de la cathédrale d'Auxerre


u cœur de l'un des plus nobles parmi les trop rares paysages urbains qui de l'ancienne France demeurent en notre temps les intacts témoins, la cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre dresse au-dessus de l'Yonne la haute silhouette de son chevet gothique. L'œuvre du xiiie siècle repose sur les puissantes structures d'une vaste crypte romane, bien datée par les textes qui permettent d'en situer la construction entre l'incendie de 1023, qui détruisit la cathédrale carolingienne, et celui de 1035 qui, causant de nouveaux dommages, épargna du moins les parties basses de l'édifice nouvellement reconstruit, protégées du sinistre par leurs solides voûtes de pierre1. Essentiellement conçue comme une crypte-support rachetant la déclivité naturelle du terrain qui descend en pente rapide vers la rivière, la crypte de Saint-Etienne diffère en cela profondément des cryptes reliquaires du haut Moyen Age, dont la toute proche abbatiale Saint-Germain présente l'un des exemples les plus célèbres ; elle n'en reçut pas moins un décor soigné, tant en ce qui concerne la modénature des chapiteaux et des bases que le décor peint qui retient ici notre attention.

 

La chapelle d'axe, dédiée à la sainte Trinité, conserve en effet, par une fortune singulière, deux grandes théophanies de dates et de natures bien différentes. Même si ce n'est pas celle qui frappe d'emblée en ces lieux, donnons notre premier regard à la fresque qui se déploie sur le cul-de-four de l'hémicycle absidal2. Le Christ en majesté y trône dans une mandorle quadrilobée entre les symboles des évangélistes, tandis que des anges occupent les écoinçons. Le Christ bénissant tient la croix et le livre ouvert sur l'alpha et l'oméga ; deux grands chandeliers à sept branches l'encadrent, symbole emprunté à l'Ancien Testament comme signe de la confluence dans le Fils de l'ancienne et de la nouvelle Loi. A l'exception de ce dernier trait, plus original, cette composition très classique développe le thème d'abside le plus attendu. Dans la mesure où la voûte de la travée droite montre au contraire une image christologique tout à fait exceptionnelle, il y a lieu de se demander si l'on n'a pas voulu, en une seconde et plus conventionnelle pensée, occulter ou compléter le sens de cette œuvre insolite, soit parce qu'elle n'était plus clairement comprise des commanditaires eux-mêmes, soit parce que l'on jugeait nécessaire de l'expliciter par une figuration plus directement accessible au commun des fidèles, voire de la lui substituer purement et simplement3.

mercredi 6 avril 2016

Les chapitaux du portail de l’église priorale Saint-Georges du Vigeant

'église Saint-Georges date des XIe, XIIe et XVe siècles. Le clocher est la partie la plus ancienne de l'édifice. La nef est flamboyante. Le portail à voussure polylobée présente un cachet limousin.
L'église du Vigeant, située au centre du bourg qu'elle domine par la hauteur de son clocher-porche. Ce dernier, classé monument historique depuis le 13 décembre 1907, est la partie la plus ancienne de l'église puisqu'il remonte au 11e siècle, avec le mur sud de la nef, de la fin du 12e siècle.




Siège d'un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Lesterps, en Charente, l'église fut agrandie au 15e siècle : la nef a été doublée d'un collatéral vers le nord et le tout a reçu une voûte de style gothique flamboyant. A l'extérieur, à gauche du clocher-porche, la façade occidentale du collatéral montre des vestiges d'ogives qui témoignent d'importants remaniements. Elément le plus remarquable de l'édifice, le clocher-porche roman présente un portail d'inspiration limousine, en particulier par son arc polylobé, son tore mince et ses fines colonnettes. Celui-ci repose sur des colonnes à chapiteaux sculptés, de facture assez primitive, représentant la Crucifixion et des personnages à la signification plus confuse. Dans sa partie supérieure, le clocher-porche, très sobre, présente de hautes arcades aveugles puis, au sommet, de hautes baies en plein cintre, encadrées par des colonnes à chapiteaux.

dimanche 27 mars 2016

Pisanello : La vision de saint Eustache

elon la légende, Eustache était un chevalier romain. Au cours d’une chasse, il rencontra un cerf dont il suivit les traces. Après une longue poursuite, l’animal sauta sur un rocher abrupt et demeura immobile. Entre ses bois apparut un crucifix qui s’adressa à Eustache et l’exhorta à se convertir. Ce tableau est complexe, et même énigmatique. Le chasseur est habillé à la mode de l’époque avec une coiffe aux allures de turban et un long habit bordé de fourrure, et non pas multicolore comme c’est l’usage : l’or assombri rappelle l’éclat d’un habit de cour, mais aussi l’or de l’art sacré. L’ensemble du tableau est d’ailleurs plongé dans une semi obscurité sans que la cause en soit le vieillissement des pigments ou la pénombre de la forêt ; la lumière crépusculaire confère une tonalité mystérieuse à ce tableau. Pisanello a rendu fidèlement les différentes races d’animaux qui prennent part à l’action.




La Vision de saint Eustache est une peinture de Pisanello datant du début de la Renaissance italienne qui se trouve aujourd'hui à la National Gallery de Londres. La date de l'œuvre est inconnue et a été attribué à différentes dates de la carrière du maître selon plusieurs experts en histoire de l'art. Le site Web de la National Gallery en date la réalisation entre 1438 et 1442.

mardi 22 mars 2016

Le saint Jérôme de Corot

Camille Corot a radicalement changé sa manière de peindre au cours de sa carrière. De son vivant, on connaît surtout de lui ses paysages retravaillés qui servent de cadre à des événements historiques, religieux et mythologiques.


jeudi 17 mars 2016

Sainte Marie-Madeleine de Bartolomeo di Giovanni

arie-Madeleine est figurée debout, auréolée, ses longs cheveux lui recouvrant le corps. Dans sa main gauche, elle tient le parfum, qui fait allusion à l'épisode de l'onction des pieds du Christ chez Simon et au vase qu'elle portait au Sépulcre le matin suivant la Crucifixion. Elle se tient dans un espace indéfini, devant ce qui semble être un fond de ciel, dont les tonalités s'estompent à mesure que l'on s'approche du bord inférieur du panneau. Ce décor semble bien surprenant, surtout si l'on considère la position de la sainte, fermement campée sur un sol imaginaire, et, surtout, la forme du panneau qui évoque celle d'une niche. 





Par son iconographie, l'œuvre pourrait se rapprocher de la typologie du colmo, ces petits panneaux destinés à la dévotion privée. Cependant, par sa taille, la Madeleine semble plutôt avoir constituée le volet droit d'un triptyque ou d'un tabernacle démembré. Il s'agit d'une représentation de la sainte myrophore, doublée d'une évocation de sa pénitence érémitique. Ce dernier aspect est particulièrement accentué par les traits émaciés du visage et la mise en valeur des tendons du cou. Malgré son repentir dans le désert, rappelé par ses cheveux dénoués, la sainte possède une musculature appuyée et une anatomie puissante. Aucun nom mentionné par la critique n'a fait l'unanimité. 

samedi 12 mars 2016

Saint François dans le désert de Bellini

Bellini aurait pu représenter un miracle lié à la légende de St-François : celui de la stigmatisation. Pourtant, il semble consciencieusement éliminer tout élément surnaturel au profit d’une nature fantastique. Le film montre que le tableau est intimement lié à une philosophie du don, liée à l’essor des villes et qui fait de la prodigalité de la nature une métaphore de l’amour divin.

lundi 7 mars 2016

Jean Malouel : La Vierge aux papillons

es papillons, d’où le tableau tire son titre, volettent sur l’arrière-fond sombre. Jean Malouel combine la monumentalité des personnages principaux avec la délicatesse des détails décoratifs, comme ces papillons et les angelots rouges au deuxième plan. Le christianisme considère le papillon comme un symbole de l’âme. À savoir, le papillon est représenté sur les anciennes tombes chrétiennes, comme le Christ a été illustré à de nombreuses reprises tenant un papillon dans l’art chrétien.