lundi 19 mars 2012

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velais

e Puy-en-Velay est le lieu d'un ancien culte païen, peut-être celte (on observe une influence celtique sur la frise du chevet) ou orientale (les bas-reliefs du chevet ont adopté des motifs orientaux). Plusieurs légendes expliquent l'intérêt porté par les chrétiens à cet endroit: une femme aurait guéri, sur une dalle phonolithique (qu'on trouve aujourd'hui dans l'église). Elle reçoit l'ordre céleste d'avertir l'évêque saint Paulien de construire une église au Puy.

On raconte aussi qu'un cerf (symbole de l'âme aux prises avec les tentations du monde serait apparu pour délimiter dans la neige les traces du sanctuaire. Enfin, des vieillards auraient apporté aux évêques Vosy et Scutaire les premières reliques de la vierge. Le Puy devient évêché en 593. Jusqu'au IXe siècle, il n'y a pas de pèlerinage vraiment important vers le Puy. A cette époque, le Puy subit la rivalité de l'abbaye de Monastier.






En 950, l'évêque du Puy Godescalc est le premier pèlerin à faire le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Après son retour, le Puy devient le point de départ de l'une des voies les plus importantes vers la Galice (via Podiensis).

En 1051, l'évêque reçoit le pallium (le Puy est élevé au rang d'archevêché). en 1077 commence un pèlerinage suivi. Le Puy bénéficie d'abord d'une ferveur populaire avant d'intéresser les puissants. Adhémar de Monteil, évêque du Puy, est nommé chef de la première croisade en 1095 par le pape Urbain II. Le culte se développe sous la protection des rois et des papes qui font du Puy un bastion anti-cathare. De nombreux conciles y sont tenus et les papes y effectuent plusieurs visites. Les jubilés attirent les foules et de nombreuses indulgences sont attachées au pèlerinage.


Saint Louis fait don d'une vierge reliquaire originaire du Soudan qui est détruite à la Révolution mais dont on a conservé une copie. Au XIXe siècle, on assiste à un engouement du culte marial qui aboutit à une reconnaissance du dogme de l'Immaculée Conception. La cité ponote profite grandement de cette vague qui persiste encore aujourd'hui.
La construction de la cathédrale actuelle commence à la fin du XIe siècle. L'essentiel des travaux est effectué au XIIe siècle. L'ancienne église est utilisée comme chevet. On lui ajoute un clocher, un transept puis une nef de deux travées. Lors d'une deuxième campagne de travaux, deux autres travées sont ajoutées avec un porche. Une troisième campagne permet la construction des dernières travées qui reposent sur des piliers dans le vide.


Le porche du For est édifié à la fin du XIIe siècle. Il est surmonté d'une chapelle au XVIe. En 1427, un tremblement de terre rend nécessaire l'ajout d'un gros arc-boutant dans la façade. Celui-ci sera finalement enlevé à la fin du XIXe siècle. Avant le XVIIIe siècle, l'entrée de l'église se faisait par un souterrain qui débouchait presqu'au niveau du choeur. Un nouveau passage est créé par l'archevêque Gallard et provoque la fermeture de l'ancien passage. Une entrée latérale est percée au XIXe siècle. L'église qui menace ruine subit alors de nombreuses restaurations pas toujours heureuses.


L'architecte Mallay détruit en 1845 une tour défensive du XIIe siècle qui était reliée à la cathédrale par le bâtiment des mâchicoulis. Il fait également disparaître les fresques du croisillon sud. Son successeur, l'architecte Mimey (1865) détruit le chevet et le reconstruit de façon arbitraire. Entre 1885 et 1888, l'architecte Petitgrand reconstitue le clocher pyramidal du chevet. Au XXe siècle, des travaux ont permis de retrouver l'entrée initiale de l'église, par un immense escalier débouchant comme une trappe au coeur de la cathédrale.




L'extérieur :

La façade de la cathédrale se dresse au haut d'un grand escalier. Elle comporte cinq étages d'architecture en appareil polychrome avec décoration de pierres disposées comme une mosaïque, et provenant des carrières de la région.
Avec ses arcs en plein cintre, cette façade appartient au style roman et peut être datée de la fin du XIIe siècle.
Un escalier de 102 marches, qui se continue sous le porche, débouche sous la nef. Cet escalier occupe toute la largeur de l'édifice durant les deux premières travées, puis se rétrécit pour ne plus avoir que celle de la nef principale pendant les deux travées suivantes, contre les murs desquelles ont été placées les portes en bois sculpté qui se trouvaient autrefois sur la façade.

Cette curieuse disposition s'explique par la déclivité du terrain et le manque de place. En raison des foules attirées au XIIIe siècle par le pèlerinage, il fallut agrandir l'église. Comme il n'y avait plus de place sur le rocher, les architectes décidèrent de construire en quelque sorte dans le vide, pour supporter les nouvelles troisième et quatrième travées.

L'escalier aboutit à la porte Dorée. Derrière celle-ci, dix-sept marches conduisent au centre de la nef. On aboutit entre les deux piliers devant lesquels ont été placées les statues de Saint-Louis et de Jeanne d'Arc, exactement en face du maître-autel. Ce qui a permis à un religieux de dire que « l'on entre dans l'église par le nombril et que l'on en sort par les deux oreilles. »

Verticalement, la façade est partagée en trois. Les trois grands portails sont surmontés d'arcades aveugles. Au-dessus, on trouve trois baies vitrées. Le pignon central est orné d'arcatures aveugles. Il est entouré de faux clochers ajourés. La polychromie des pierres utilisées constitue la principale beauté de cette façade et l'inscrit dans le style roman auvergnat.




La porte dorée :
Les pèlerins avaient l'habitude de pénétrer dans l'église en son centre, en passant par un porche situé en dessous de l'église. Il comporte trois travées.




Les deux premières sont voûtées d'ogives et encadrées de bas-côtés et la troisième, romane, est entourée de chapelles latérales closes par des portes en bois.

Le programme des portes sculptées peut se lire de bas en haut. Sur la porte sud, on trouve la résurrection de Lazare, les Rameaux, le baiser de Judas, les saintes femmes au tombeau, la Crucifixion et la Pentecôte. Sur la porte nord est représenté le cycle de l'enfance du Christ.






Les travées sont séparées les unes des autres par une dizaine de marches. Au fond de la troisième travée, on trouve la pierre des fièvres, un dolmen sur lequel la Vierge serait apparue et qui serait depuis à l'origine de guérisons miraculeuses.




Cette travée est ornée de fresques d'inspiration byzantine (Transfiguration, Vierge en majesté), peut-être peintes par un artiste arabe. L'association entre l'iconographie de la Vierge et celle du Christ s'explique par les destinataires de ce décor.




Celui-ci s'adressait en effet aux pèlerins du jubilé qui avait lieu chaque fois que la fête de l'Annonciation tombait un vendredi saint.





Le porche du For est un magnifique morceau d'architecture, datant de l'extrême fin du XIIe siècle. Il donne sur la place du même nom (du latin forum), en terrasse au-dessus des toits de la vieille ville.




Le porche du For se situe à l'angle méridional du chevet et du transept sud. Il est voûté d'ogives et est ouvert par des arcades à l'est et au sud.




Les voussures de ses arcades sont surmontées d'un arc isolé concentrique relié à la voussure supérieure par des petits pilastres.



Un linteau en batière du VIe siècle couronne la porte dite papale. Il est orné d'un chrisme et de l'inscription suivante: scutari papa vive deo (vivez en dieu, Scutaire, père de la patrie). Le nom de porte papale pourrait venir d'une mauvaise interprétation du mot papa. Il est néanmoins vrai que ce porche était réservé aux hauts dignitaires ecclésiastiques et aux papes.



Le programme iconographique des chapiteaux et des culots se lit dans le sens des aiguilles d'une montre à partir d'une main ouverte sculptée dans l'angle du transept et du chevet.
Il s'agit de la main du Créateur, d'où partent des représentations de l'ordre végétal, de l'ordre animal (griffons),



de l'ordre humain (un homme et une femme couronnés, la femme avec une queue de sirène et l'homme s'agrippant au feuillage, symboles de fécondité),





et de l'ordre céleste (têtes couronnées et fleurs dans les voussures). La clef de voûte est ornée d'un dragon ailé.





Peu de recul est offert au visiteur pour observer le chevet à fond plat. Il présente de riches décorations à ses niveaux les plus élevés, au-dessus de fenêtres en plein cintre.





Au niveau inférieur, une frise d'influence celtique court sur le mur. En dessous, on trouve de curieux remplois dont l'origine est incertaine.





Situé derrière le choeur, de manière originale, le clocher pyramidal date du XIIe siècle. Il a été reconstruit pour la dernière fois en 1887. Il s'agit d'une superposition de sept cubes qui va en diminuant. Le décor, quasiment impossible à observer sans jumelles, se concentre dans les chapiteaux qui se trouvent aux angles des différents niveaux. Au premier niveau, on trouve des ouvriers représentés en atlantes. A l'étage supérieur se pressent des personnages armés et une psychomachie, avec des inscriptions pour les quatre vertus cardinales. Au-dessus on voit un adoubement et une entrée dans un ordre militaire, probablement les Templiers, qui symbolisent le détachement du monde. Au troisième niveau sont montrées des scènes de l'Apocalypse (hommes aux prises avec des dragons).




Haut de 56 m, c'est une construction indépendante de l'église. De plan carré, il comprend sept étages de même dessin, mais chacun d'eux est marqué par un léger retrait, en sorte que l'édifice fait penser à des cubes superposés. 

Les étages supérieurs sont soutenus par des arcs bandés portant des berceaux. Ces arcs prennent appui sur des piles isolées, de telle sorte qu'à partir du quatrième étage, le poids de la maçonnerie retombe directement sur les piles.

Le clocher est de plus en plus ajouré à mesure que l'on s'élève du sol au sommet. Le rez-de-chaussée contient trois tombeaux, ceux de deux chanoines et celui d'un évêque. « C'est à sa forme pyramidale et à son coq, symbole de la vigilance républicaine » qu'il doit, paraît-il, de ne pas avoir été démoli sous la Révolution.
Il abrite 3 cloches dont un bourdon.


L'intérieur :
En plan, cette église offre la forme de la croix latine et comprend une nef à six travées, à laquelle sont accolées deux bas-côtés de même hauteur, un transept saillant, dont chaque bras se termine par deux absidioles jumelles, au-dessus desquelles se trouve une tribune ; l'édifice s'achève par une abside rectangulaire flanquée de deux absidioles à chevet plat.

Les six travées de la nef sont voûtées de coupoles barlongues supportées par des trompes en cul-de-four ; le carré du transept est couvert d'une tour octogonale ajourée par deux étages de fenêtres et terminée par une coupole. Cette tour repose sur quatre grosses piles flanquées de colonnes engagées qui prennent appui sur un énorme socle rectangulaire de 2 m de hauteur. Le passage du plan carré se fait au moyen de trompes en cul-de-four. Cette tour-lanterne est également appelée « le clocher angélique ».

Les bas-côtés sont couverts de voûtes d'arêtes, sauf en ce qui concerne les deux travées ouest qui ont reçu des voûtes sur croisées d'ogives.

Les seules travées intactes (3e et 4e) ainsi que le clocher remontent au milieu du XIIe siècle. Quant aux autres travées et à la façade, elles datent de la fin du XIIe siècle.

On verra dans ce sanctuaire un grand tableau (bas-côté sud) peint par Giraud, célébrant le jubilé de 1864. Le jubilé du Puy est un des plus anciens existant au monde.
On verra également un chemin de Croix en émail et, au revers de la façade, un beau relief en bois doré du XVIIIe siècle, représentant saint André crucifié.



Coupoles couvrant la nef.


La nef compte six travées. L'escalier principal grimpe sous les travées de la nef et débouche en face du choeur.

La nef est bordée de collatéraux voûtés d'arêtes qui fournissent l'éclairage par de grandes baies cintrées. A l'ouest, un orgue s'intercale entre la première et la deuxième travée.





Dans les deux travées médianes, plus récentes, les grandes arcades sont brisées. Dans ces travées, les coupoles reposent sur un tambour orné de huit arcades sur colonnettes. Dans les sixième et cinquième travées, les piliers sont cruciformes.





Un des groupements de chapiteaux les plus intéressants se situe entre la première et la deuxième travées, au niveau de l'orgue. Les scènes sont disposées autour d'un pilier cruciforme sur le côté sud de la nef. A l'est se trouve symbolisée une lutte du vice et de la vertu. Deux personnages sont assis de part et d'autre d'une sirène représentant la tentation. L'homme représentant le bien est accompagné d'un dragon ailé, l'autre s'accroche au feuillage et est accompagné d'un animal à tête humaine.





Sur la colonne de l'angle nord-est, des hommes en tirent d'autres vers le ciel par les cheveux. Au nord (partiellement masqué par l'orgue), le Ciel est représenté par l'Agneau et les vieillards. A l'ouest, on trouve des personnages à mi-corps s'inscrivant dans des volutes ou des feuillages. Au sud du pilier, on voit des végétaux (ordre végétal), un animal à queue de poissons (ordre aquatique), un animal à queue retournée (ordre terrestre) et un aigle (ordre céleste).





On voit également plusieurs chapiteaux représentant des hommes assis dans un décor végétal et qui tiennent un phylactère.




A la croisée du transept, marquée par quatre piles rectangulaires à colonnes engagées, s'élève une tour octogonale surmontée d'une coupole. Les bras du transept, voûtés en plein cintre, comportent des tribunes sous lesquelles sont aménagées des chapelles. Deux baies cintrées éclairent les tribunes.


Dans les chapelles situées sous la tribune du transept nord, on voit des fresques représentant les saintes femmes au tombeau et le supplice de Sainte Catherine.


Dans la tribune nord (ci-contre), on peut voir des fresques consacrées à saint Michel, au jugement de Salomon, à saint Etienne écrasant un dragon et à une scène de martyre.

Dans la tribune sud, on trouve des peintures plus récentes relatives aux prophètes et aux rois de l'ancien testament ainsi qu'à des scènes montrant le Christ instituant l'Eglise.


Le choeur à fond plat est voûté en berceau cintré. Il est éclairé par plusieurs baies en plein cintre.


La chaire, remarquable, est de la fin du XVIIIe siècle. Le maître-autel, édifié aux frais du Chapitre de Notre-Dame, est l’œuvre de Jean-Claude Portal. Il est orné d'un bas-relief montrant la scène de l'Annonciation et surmonté d'un pélican. Des bronzes du célèbre Caffieri le décorent. C'est sur le maître-autel qu'est placée la célèbre Vierge, couronnée le 8 juin 1856, qui a remplacé l'antique statue brûlée place du Martouret.

L'abside est décorée de peintures modernes, mais il subsiste, dans le croisillon nord, des fresques paraissant dater du XIe siècle. Ce sont celles qui représentent les Saintes Femmes au tombeau (au-dessus de l'autel du Sacré-Cœur) et un Saint-Michel géant (dans la tribune).

Enfin, deux beaux tableaux exécutés au XVIIe siècle servent d'ex-voto en souvenir des pestes de 1630 et 1653.





Dans la troisième travée du bas-côté nord s'ouvre la chapelle des reliques, qui occupe l'étage supérieur du bâtiment dit des « mâchicoulis ». Ce vaste vaisseau, couvert d'un berceau brisé monté sur doubleaux, était autrefois divisé par un plancher et possédait deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvait la bibliothèque du Chapitre, au-dessus la salle des États du Velay. On y admire une magnifique fresque représentant les Arts libéraux, datant de la fin du XVe siècle, et dont on ignore l'auteur. Découverte par Prosper Mérimée en 1850, elle est malheureusement incomplète et ne montre que quatre des sept arts : la Grammaire avec Priscien, la Logique avec Aristote, la Rhétorique avec Cicéron et la Musique avec Tubalcaïn.

Les coupoles des deux premières travées occidentales de la nef, non appareillées, reposent directement sur les trompes d'angle et sur les portions de mur surmontant les fenêtres —particularités qui les distinguent des deux coupoles suivantes.


La statue du XVIIe siècle qui se trouve actuellement sur le maître-autel provient de l'ancienne chapelle Saint-Maurice du Refuge. Elle fut couronnée par l'évêque du Puy au nom du Pape Pie IX, le 8 juin 1856, jour anniversaire de la destruction de la précédente effigie, qui fut brûlée par les ultra-révolutionnaires de Louis Guyardin (le représentant de la Convention en mission en Haute-Loire) le 8 juin 1794, jour de Pentecôte, devenu celui de l'Être Suprême.

Au Xe siècle, le concile du Puy avait autorisé pour la première fois les reliquaires en ronde-bosse à l'image humaine, d'où la floraison des statues dites « chefs » et des Vierges en majesté, d'abord dans le centre de la France, puis dans tout le pays. La Vierge noire du Puy a pu contenir des reliques, étant la plus ancienne connue ; il est tout à fait possible qu'elle ait servi de modèle aux autres.




Il ne reste aucune trace de l'image de la Vierge vénérée dans la cathédrale avant la fin du Xe siècle, sinon quelques représentations hypothétiques. À cette époque, elle aurait été remplacée par celle offerte par le roi Louis IX ou Saint-Louis au retour de la septième croisade ; il est attesté que Saint-Louis est venu en pèlerinage au Puy-Sainte-Marie (podium sanctae mariae) en 1254.

Faujas de Saint-Fond a pu l’étudier à loisir, il en laissa, en 1777, une description et un dessin certainement très fidèles.

Il s'agissait d'une statue en cèdre représentant la Vierge assise sur un trône, l'Enfant Jésus sur les genoux. Si les visages de la Mère et de L'Enfant étaient d'un noir foncé, les mains, en revanche, étaient peintes en blanc. Sur le visage de Marie se détachaient des yeux en verre et un nez démesuré. La Vierge était vêtue d'une robe de style oriental dans les tons rouge, bleu-vert et ocre et était couronnée d'une sorte de casque à oreillettes en cuivre doré, orné de camées antiques. La statue était entièrement enveloppée de plusieurs bandes d'une toile assez fine, fortement collées sur le bois et peintes. Selon Faujas de Saint-Fond, il s'agissait d'une statue très ancienne d'Isis, déesse égyptienne de la fécondité, que l'on avait métamorphosée en Vierge. Il est vrai que des statuettes d'Isis tenant Osiris sur les genoux lui ressemblent de façon frappante.
Une autre thèse en fait une statue éthiopienne (peut-être une vierge copte ?). Mais elle a tout aussi bien pu être façonnée au Puy avant l'an 1000, peut-être par un artisan arabe. Certains spécialistes d'histoire de l'art évoquent la possibilité d'une statue dont le bois était clair à l'origine puis se serait oxydé naturellement suite à l'exposition prolongée à l'encens et à la fumée des cierges…

En janvier 1794, la Vierge Noire arrachée de son autel fut dépouillée de ses richesses (pierres précieuses, dorures…) et reléguée aux Archives. On se souvint malheureusement d'elle : le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte, les représentants du pouvoir révolutionnaire, dont Guyardin, vinrent la chercher pour la brûler place du Martouret. Quand les toiles enduites de couleur eurent fini de se consumer, une petite porte secrète pratiquée dans le dos de la statue s'ouvrit et une sorte de parchemin roulé en boule en sortit ; malgré les protestations, on ne chercha pas à savoir ce qu'il contenait. Certains pensent que sur ce parchemin était inscrite l'origine exacte de la vierge noire.

Chaque 15 août a lieu la procession solennelle de la Vierge Noire à travers les rues de la haute ville.


Le cloître :
Accolé au côté nord de la cathédrale, le cloître est classé monument historique depuis 1860. Il a été construit entre le XI et le XIIIe siècle. Il a fait l'objet de restaurations au XIXe siècle. Mérimée le qualifie de plus beau cloître de France.






Les arcades cintrées à double rouleau ont des claveaux polychromes. Elles sont surmontées de mosaïques colorées.


Les épais piliers qui les soutiennent sont agrémentés de colonnettes engagées aux chapiteaux sculptés. La galerie ouest est adossée au bâtiment des mâchicoulis, qui symbolise le pouvoir temporel de l'évêque.

C'est dans cette galerie qu'on trouve un chapiteau portant un abbé et une abbesse et celui des centaures qui symbolise la luxure.

On y trouve un chapiteau représentant la luxure : une centauresse, qui porte le sceptre de la victoire, fuit devant un centaure.

La galerie sud est la plus ancienne, mais la plus remaniée par les restaurations. Les galeries sont voûtées d'arêtes. Ci-dessous, la galerie ouest.



La galerie est ouvre sur la salle capitulaire. Une porte joliment sculptée de motifs géométriques en marque l'entrée. Elle a aussi servi de chapelle mortuaire (elle abrite les tombes de chanoines de 1309 à la révolution). Elle est voûtée en berceau brisé. Au fond, se trouve une fresque du XIIIe siècle représentant la Crucifixion.





La légende de la Pierre des Fièvres ou Pierre des Apparitions

La Pierre aux Fièvres est à l'origine de la construction de la cathédrale et proviendrait d'un dolmen dont elle tenait lieu de table.

L'abbé Chanai nous en raconte l'histoire. Au IIIe siècle, une femme veuve, souffrant de fièvre maligne vint, sur l'ordre de la Vierge, se coucher sur cette dalle et se releva guérie. Saint Georges, premier évêque du Velay, prévenu de ce miracle, serait alors venu de Saint-Paulien, son siège épiscopal, pour voir cette pierre. Quoiqu'on fût au mois de juillet, il la trouva recouverte d'une épaisse couche de neige, sur laquelle un cerf aurait, en courant, tracé le plan d'un sanctuaire. Ne pouvant édifier l'église immédiatement, le prélat fit entourer ce dessin d'une haie d'épines sèches, qui, le lendemain, fut trouvée toute fleurie.

Le temps passa, puis une autre guérison miraculeuse eut lieu dans des conditions identiques, un paralytique étendu sur la table miraculeuse se releva guéri, et la Vierge renouvela son souhait.

L'évêque de l'époque, Vosy, s'en fut alors à Rome pour obtenir du pape l'autorisation de construire une basilique sur ce rocher indiqué par la Vierge, à l'emplacement d'un sanctuaire païen, et de transférer son siège épiscopal sur le mont sacré. Scutaire, sénateur et architecte romain, aurait été chargé par le Saint Père de la construction.

L'église achevée, l'évêque et son adjoint se dirigèrent de nouveau vers Rome afin d'en obtenir la consécration. En chemin, deux vieillards leur conseillèrent de retourner d'où ils venaient, les chargèrent de reliques et disparurent sur ces mots : « nous vous précédons et vaquerons à tout. » Quand Vosy et Scutaire arrivèrent à Anis, ils trouvèrent leur église baignée d'une lumière irréelle et les cloches animées par des êtres invisibles.

La dédicace de la première église du Puy fut l’œuvre des anges, dit-on ; pour cette raison, elle fut appelée chambre angélique.

Telle serait, selon la légende, l'origine de ce sanctuaire et la raison pour laquelle cette pierre est exposée sous le porche.

Le Puy-en-Velay est, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la Gaule chrétienne. On a retrouvé sous le pavé du chœur les fondations de cette première église qui mesurait 12 m × 24 m. De nos jours encore, des pèlerins s'allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits.


Le Jubilée du Puy-en-Velay :

En 992, Bernhard, un moine allemand, avait prédit la fin du monde pour le 25 mars de cette année-là, ce jour de l'Annonciation étant également celui du Vendredi Saint. Le nombre de pèlerins fut si considérable au Puy que le pape Jean XV institua pour la ville un jubilé chaque fois que le jour de l'Annonciation coïnciderait avec le Vendredi Saint. C'est le plus ancien jubilé après ceux de Rome et de Jérusalem. Le premier jubilé connu de Notre-Dame du Puy eut lieu en 1065. Ces jubilés connurent un tel succès qu'en 1407 deux cents pèlerins périrent étouffés dans la presse. Rois et papes les fréquentèrent.

Isabelle Romée, alors qu'elle se rendait de Vaucouleurs à Chinon, vint y prier pour sa fille Jeanne d’Arc en 1429, avec les frères et deux des meilleurs compagnons de Jeanne.

On en compte 29 depuis le premier célébré en 992. L'avant-dernier en 1932 rassembla plus de 300 000 pèlerins. Le dernier a été célébré en 2005 et le prochain le sera en 2016. Ensuite, il faudra attendre... 2157 !
En dehors du jubilé, se déroule chaque année, le jour du 15 août, une grande fête dite de l'Assomption de la Vierge, au cours de laquelle la Vierge Noire est portée en procession à travers les rues de la ville, en présence des plus hautes autorités civiles et religieuses et d'une multitude de participants.





A voir dans la cathédrale :
  • Statue de Notre-Dame du Puy (Vierge noire)
  • Statue de saint Jacques.
  • Sous le porche, portes en bois sculptés du XIIe siècle représentant des épisodes de la vie du Christ.
  • Le trésor de la sacristie et celui d’Art religieux au-dessus du cloître.
  • Le baptistère Saint-Jean, à proximité, qui renferme des expositions estivales.
  • Les fresques d’influence byzantine et italienne sous le proche et dans le transept nord, en particulier celle de saint Michel.
  • Dans la sacristie, il y a un livre d’or réservé aux pèlerins.


http://architecture.relig.free.fr/puy.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame-de-l%27Annonciation_du_Puy-en-Velay